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Dernière mise à jour le · 9 min

Résumé de l’article
La comptabilité d’engagement consiste à enregistrer les recettes et les dépenses dès l’émission des factures ou la naissance de l’engagement, même si le paiement n’a pas encore eu lieu.
Elle se distingue de la comptabilité de trésorerie, qui enregistre les opérations uniquement au moment de l’encaissement ou du paiement effectif.
Cette méthode est obligatoire pour la plupart des sociétés commerciales (SAS, SARL, SA, etc.) et pour certaines autres structures selon leur régime fiscal ou leur activité.
Elle permet d’obtenir une vision complète de la situation financière de l’entreprise en faisant apparaître les créances clients et les dettes fournisseurs.
Plus précise mais aussi plus complexe à tenir, elle implique davantage d’écritures comptables et d’obligations de suivi.
Votre entreprise enregistre-t-elle ses factures au moment de leur émission ou uniquement lors du paiement effectif ? De nombreux dirigeants confondent comptabilité d'engagement et comptabilité de trésorerie, deux méthodes comptables aux implications juridiques et fiscales radicalement différentes.
Mais, qu'est-ce que la comptabilité d'engagement précisément ? Quelle différence avec la comptabilité de trésorerie ? Est-ce que toutes les sociétés sont concernées par cette obligation ? Comment fonctionne-t-elle concrètement ? Vous découvrirez toutes les réponses dans ce guide complet.
La comptabilité d'engagement consiste à enregistrer les recettes et dépenses au moment où elles sont acquises ou engagées, indépendamment de la date de paiement effectif. Concrètement, une facture de vente ou une facture fournisseur est enregistrée dès son émission, même si le montant n'a pas encore été encaissé ou débité.
Ce système repose sur le principe des droits constatés : chaque opération s'enregistre dès l'engagement juridique entre les parties. Une vente génère une créance client, un achat crée une dette fournisseur (pour approfondir, consultez notre article sur les différences entre créances et dettes).
💡 À savoir : la comptabilité d'engagement porte également les noms de comptabilité créances-dettes, comptabilité d'exercice ou comptabilité sur les débits. Ces termes désignent tous le même système fondé sur le principe des droits constatés.
La comptabilité de trésorerie (ou comptabilité de caisse) constitue un autre type de méthode comptable, largement utilisée par certaines structures : elle enregistre uniquement les opérations au moment où les flux financiers se matérialisent réellement sur le compte bancaire. Une vente n'est comptabilisée qu'à l'encaissement du client, un achat uniquement au paiement du fournisseur.
Cette méthode présente un avantage majeur : la simplicité. La comptabilité suit fidèlement le relevé de banque, facilitant les rapprochements bancaires et notamment le temps de saisie comptable. Les professions libérales en BNC (Bénéfices Non Commerciaux) et certaines petites structures privilégient cette approche pour sa facilité de tenue.
Toutefois, cette simplicité a un inconvénient majeur : une visibilité partielle du patrimoine de l’entreprise. Les créances clients restent ,en effet, invisibles tant qu'elles ne sont pas encaissées et les dettes fournisseurs n'apparaissent pas avant le décaissement.
Pour comprendre les principales différences entre la comptabilité d'engagement ou de trésorerie, voici un tableau comparatif des deux méthodes comptables :
Le choix entre ces deux types de comptabilité n'est généralement pas libre : le régime fiscal et la forme juridique déterminent celle que vous devez obligatoirement appliquer.
Toutes les sociétés commerciales doivent obligatoirement tenir une comptabilité d'engagement, quelle que soit leur taille ou leur régime d'imposition. Cette obligation s'applique aux :
SARL ou EURL (Société à Responsabilité Limitée Unipersonnelle ou non)
SAS ou SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle ou non) ;
SA (Société Anonyme) ;
SNC (Société en Nom Collectif) ;
SCA (Société en Commandite par Actions).
La comptabilité d’engagement est à utiliser, que ces sociétés soient imposées à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés.
Les sociétés d'exercice libéral (SEL) sont également soumises à cette obligation légale. Qu'il s'agisse de SELARL, SELAS, SELAFA ou SELCA, toutes doivent tenir une comptabilité d'engagement sans exception possible.
Les entreprises individuelles (EI) et entreprises individuelles à responsabilité limitée (EIRL) imposées aux bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ont l’obligation de tenir une comptabilité d’engagement dès qu'elles dépassent les seuils de la micro-entreprise.
Sont également concernées :
Les sociétés civiles ayant opté à l'impôt sur les sociétés ;
Les sociétés civiles dont un associé est lui-même soumis à l'IS ou aux BIC ;
Les sociétés civiles dépassent 2 des 3 seuils suivants : 1,55 M€ de bilan / 3,10 M€ de CA / 50 salariés ;
Les associations percevant plus de 153 000 € de subventions annuelles ;
Les comités d'entreprise dont les ressources dépassent 153 000 €
Cette obligation découle de l'article L123-12 du Code de commerce, qui impose à toute personne ayant la qualité de commerçant de procéder à l'enregistrement comptable des mouvements affectant le patrimoine de son entreprise.
💡 À savoir : pour toutes les autres entreprises (professions libérales en BNC, petites SCI, petites associations), le choix de la comptabilité d'engagement est facultatif. Elles peuvent opter pour la comptabilité de trésorerie, voire utiliser un simple livre de recettes pour les micro-entrepreneurs.
Les entreprises au régime réel simplifié d'imposition bénéficient d'une mesure d'allègement par rapport au régime réel normal : la comptabilité super-simplifiée. Elles peuvent tenir une comptabilité de trésorerie tout au long de l'exercice, puis constater leurs créances et dettes uniquement à la clôture.
Cette simplification, prévue par l'article L123-25 du Code de commerce, permet de réduire considérablement le temps de saisie comptable en cours d'année. Vous enregistrez uniquement vos encaissements et décaissements au fil de l'eau, comme avec une comptabilité de trésorerie classique.
À la clôture de l'exercice, vous régularisez vos comptes en comptabilisant les factures non payées (créances clients et dettes fournisseurs). Cette approche mixte offre un compromis intéressant entre simplicité quotidienne et image plus précise du patrimoine.
Pour rappel, les seuils BIC du régime réel simplifié sont :
945 000 € de chiffre d'affaires pour les activités de vente, restauration et hébergement
254 000 € pour les prestations de services et autres activités BIC
💡 À savoir : au régime réel normal, la comptabilité d'engagement s'applique de manière stricte tout au long de l'exercice. Les entreprises doivent enregistrer leurs créances et dettes en temps réel, centraliser leurs journaux mensuellement et produire une liasse fiscale complète selon le Plan Comptable Général, incluant le bilan détaillé, le compte de résultat et toutes les annexes obligatoires.
En comptabilité d'engagement, chaque document s'enregistre selon une date précise, indépendamment de la date de paiement effectif. Cette rigueur garantit que chaque donnée apparaît dans le bon exercice comptable, respectant ainsi le principe des droits constatés.
Voici les principales règles d'enregistrement :
Prenons comme exemple une facture émise le 8 février par une entreprise de service pour comprendre le principe de la comptabilité d'engagement en pratique.
8 février : l'entrepreneur signe un devis avec son client pour une prestation de conseil de 5 000 euros. En comptabilité d'engagement, cette facture client génère une créance enregistrée dès la signature, même si aucun montant n'a encore été encaissé.
25 février : le client règle les 5 000 euros. Cet encaissement règle la créance du 8 février : il augmente la trésorerie mais ne génère pas de nouveau produit (déjà comptabilisé le 8).
Voici comment ces opérations apparaissent dans le journal comptable de février :
La comptabilité d'engagement utilise la comptabilité en partie double, où chaque opération génère au minimum deux écritures : une au débit et une au crédit.
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La comptabilité d'engagement offre en premier lieu une vision complète et fidèle de la situation financière de l'entreprise. Ce qui la distingue de la comptabilité de trésorerie, c'est qu'elle affiche l'intégralité des créances clients et dettes fournisseurs dans le bilan comptable, même si aucun flux de trésorerie n'a encore eu lieu.
Cette méthode comptable garantit par ailleurs la sincérité et la transparence des comptes annuels, condition essentielle pour l'image fidèle du patrimoine. Les banques et investisseurs privilégient particulièrement cette vision exhaustive lors de la création d’entreprise ou d’une demande de financement, car elle leur permet d'évaluer précisément la santé financière réelle de la structure.
Le suivi des dettes et des créances en temps réel constitue en outre un atout majeur pour la gestion. L'entrepreneur identifie instantanément les clients en retard de paiement et peut relancer rapidement les impayés. Cette rigueur améliore la gestion de trésorerie et réduit les risques de défaillance.
Enfin, la comptabilité d'engagement permet un rattachement précis des charges et produits à l'exercice comptable concerné. Chaque donnée apparaît dans le bon exercice. Cette exactitude facilite les comparaisons d'une année sur l'autre et améliore le pilotage de l'activité.
💡 À savoir : la comptabilité d'engagement facilite l'obtention de financements bancaires car elle offre une vision claire et fiable de la situation financière réelle de l'entreprise, incluant toutes les créances et dettes en attente.
La comptabilité d’engagement présente toutefois des inconvénients.
Tout d’abord, elle présente une complexité élevée comparée à la comptabilité de trésorerie. Le nombre d'écritures comptables se multiplie puisque chaque facture génère au minimum deux enregistrements : un à son émission et un au paiement effectif. Cette double saisie augmente considérablement le temps consacré à la tenue de la comptabilité.
Les coûts s’en ressentent directement. Les honoraires d'expert-comptable sont généralement plus élevés pour une comptabilité d'engagement.
Les obligations s'accumulent également. L'entreprise doit réaliser un état de rapprochement bancaire régulier pour vérifier la concordance entre ses comptes et son relevé bancaire. À chaque clôture d'exercice, un inventaire exhaustif des créances et dettes s'impose pour garantir l'exactitude du bilan. La liasse fiscale doit également être plus détaillée qu'en comptabilité de trésorerie, incluant notamment les annexes justifiant les créances et dettes en cours.
C'est une méthode comptable qui enregistre les recettes et dépenses au moment où elles sont acquises ou engagées, que le paiement soit intervenu ou non. Cette approche offre une image fidèle du patrimoine de l'entreprise en affichant toutes les créances et dettes en temps réel.
Le principe est celui des droits constatés (art. L123-13 du Code de commerce). Il impose d'enregistrer chaque charge et produit dans l'exercice comptable auquel il se rapporte, «sans qu'il soit tenu compte de leur date d'encaissement ou de paiement ». Ce principe garantit l'image fidèle des comptes.
La comptabilité de trésorerie enregistre uniquement les opérations au moment du paiement effectif (à l'encaissement ou au décaissement). À l'inverse, la comptabilité d'engagement enregistre chaque opération dès l'engagement juridique, que le paiement soit effectif ou non.
Il n'existe pas de seuil de chiffre d'affaires déclenchant l'obligation de comptabilité d'engagement. Ce sont la forme juridique et le régime fiscal qui déterminent cette obligation. Toutes les sociétés commerciales (SARL, SAS, SA) doivent tenir une comptabilité d'engagement quel que soit leur CA.

Article écrit par Clementine
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