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Benjamin Plateau · 7 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
Le dépôt des comptes annuels est une obligation légale pour la plupart des sociétés commerciales après chaque clôture d'exercice.
Les entreprises doivent transmettre leurs comptes au greffe dans un délai précis, après leur approbation par les associés.
Le dossier comprend principalement le bilan, le compte de résultat et l'annexe, avec des documents complémentaires selon les cas.
Le dépôt peut être réalisé directement par le dirigeant via le guichet unique ou confié à un expert-comptable.
En cas de retard ou d'absence de dépôt, l'entreprise s'expose à des sanctions financières et à une injonction du tribunal.
Le dépôt des comptes annuels est une obligation légale qui concerne la grande majorité des sociétés commerciales en France. Chaque année, après la clôture de l'exercice comptable, les dirigeants doivent transmettre leurs documents financiers au greffe du tribunal de commerce. Cette démarche permet d'assurer la transparence de la vie économique et de tenir informés les tiers, partenaires, clients ou concurrents, de la situation financière de l'entreprise.
Entre les délais à respecter, les documents à réunir et les sanctions en cas de retard, cette obligation soulève de nombreuses questions. Cet article fait le point sur qui est concerné, comment procéder et à quel tarif.
Le dépôt des comptes annuels désigne l'obligation, pour les sociétés commerciales, de transmettre leurs documents comptables au greffe du tribunal de commerce après chaque clôture d'exercice. Ces documents sont ensuite intégrés au registre du commerce et des sociétés (RCS), puis publiés au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC).
Cette formalité s'inscrit dans une logique de transparence financière. Elle permet à toute personne intéressée, banque, fournisseur, client ou concurrent, de consulter la situation économique d'une entreprise avant d'engager une relation commerciale. Elle intervient obligatoirement après l'approbation des comptes par l'assemblée générale, une étape qui doit elle-même avoir lieu dans les six mois suivant la clôture de l'exercice.
💡 À savoir : depuis le 1er janvier 2025, les tribunaux de commerce sont progressivement renommés tribunaux des affaires économiques, mais les textes du Code de commerce continuent de faire référence à l'ancienne dénomination.
Toutes les sociétés commerciales ne sont pas concernées de la même manière par cette formalité. Les SARL, EURL, SAS, SASU, SA et SCA doivent obligatoirement déposer leurs comptes annuels chaque année. Il en va de même pour les sociétés en commandite simple et les sociétés en nom collectif dont aucun associé n'est une personne physique.
Les entrepreneurs individuels classiques, y compris les auto-entrepreneurs, sont en revanche dispensés de cette obligation. Seule l'entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL) doit encore transmettre les comptes de son patrimoine affecté, lorsque ce statut a été conservé. Les sociétés civiles, quant à elles, échappent également à cette obligation, sauf lorsqu'elles exercent une activité commerciale.
Les micro-entreprises et petites entreprises au sens comptable, c'est-à-dire les sociétés qui ne dépassent pas certains seuils de bilan, de chiffre d'affaires ou d'effectif, restent tenues de déposer leurs comptes. Elles bénéficient toutefois d'aménagements, comme la possibilité de rendre confidentiels tout ou partie de leurs documents.
Le contenu du dossier à déposer varie selon la taille et la forme juridique de l'entreprise, mais un socle de documents reste systématiquement exigé.
Trois documents composent le cœur du dossier de dépôt, quelle que soit la structure concernée.
Ces trois documents constituent ce que l'on appelle communément les comptes annuels. Ils doivent être datés et certifiés conformes par le représentant légal de la société avant leur transmission.
En complément de ces trois documents, d'autres pièces peuvent être demandées selon la forme juridique et la taille de l'entreprise. Il s'agit notamment du rapport de gestion, du procès-verbal d'assemblée générale ayant approuvé les comptes, de la proposition d'affectation du résultat et, le cas échéant, du rapport du commissaire aux comptes.
Les sociétés unipersonnelles comme les SASU ou les EURL à associé unique gérant ne sont pas tenues de produire un procès-verbal d'assemblée générale, puisque l'approbation des comptes résulte directement de la décision de l'associé unique.
💡 À savoir : les entreprises répondant aux critères de petite entreprise peuvent demander à ce que leur compte de résultat ne soit pas rendu public, tout en restant tenues de le déposer auprès du greffe.
Le délai de dépôt court à compter de la date d'approbation des comptes par l'assemblée générale, et non à compter de la clôture de l'exercice. Conformément à l'article L232-23 du Code de commerce, les sociétés disposent d'un délai d'un mois suivant cette approbation pour transmettre leurs comptes au greffe. Ce délai est porté à deux mois lorsque le dépôt s'effectue par voie électronique.
Pour un exercice clos au 31 décembre d'une année N, l'assemblée générale doit se tenir avant le 30 juin de l'année N+1, puis les comptes doivent être déposés dans le mois qui suit cette approbation, soit généralement avant le 31 juillet de l'année N+1 pour un dépôt papier.
💡 À savoir : lorsque les associés refusent d'approuver les comptes, la société n'échappe pas pour autant à l'obligation. Une copie de la délibération constatant ce refus doit être déposée au greffe dans le même délai.
Depuis la mise en place du guichet unique, la quasi-totalité des démarches de dépôt transite par une plateforme numérique dédiée. Le dépôt papier reste toutefois possible, directement au greffe compétent ou par voie postale.
Depuis le 1er janvier 2025, toutes les formalités de création, modification ou dépôt de documents doivent en principe être réalisées sur le site du guichet unique, géré par l'INPI. Cette plateforme centralise les démarches et permet de transmettre directement les comptes annuels signés électroniquement, accompagnés des pièces justificatives requises.
Les formalités déposées avant le 31 décembre 2024 continuent de faire l'objet d'un suivi via Infogreffe, qui reste également compétent pour la consultation des comptes déjà publiés. Les greffes des tribunaux de commerce assurent, de leur côté, la réception, l'enregistrement et la publication effective des documents transmis, qu'ils proviennent du guichet unique ou d'un dépôt papier.
Le dépôt des comptes annuels a un coût, appelé frais de greffe ou débours greffe, qui rémunère le traitement administratif du dossier. Pour un dépôt en ligne, ce tarif s'élève à environ 45 euros, un montant identique pour un dépôt par courrier ou directement au guichet du tribunal de commerce. Ce coût peut doubler lorsque la société dépose à la fois ses comptes annuels et ses comptes consolidés.
Ce montant correspond uniquement aux frais de greffe. Si l'entreprise fait appel à un expert-comptable ou à une plateforme juridique en ligne pour préparer et transmettre le dossier, des honoraires supplémentaires s'ajoutent à ce tarif réglementé.
Le dirigeant d'entreprise peut tout à fait réaliser lui-même cette démarche, sans passer par un intermédiaire. Il devra alors réunir l'ensemble des documents requis, vérifier qu'aucune mention obligatoire ne manque, puis les transmettre via le guichet unique ou directement au greffe.
Cette solution permet d'éviter les frais d'accompagnement, mais elle demande une bonne connaissance des règles applicables à la forme juridique de la société. Une erreur dans le dossier, un document manquant ou une signature électronique non conforme peut entraîner un rejet et retarder le dépôt, avec le risque de dépasser le délai légal.
De nombreux dirigeants préfèrent ainsi confier cette formalité à leur expert-comptable, qui gère déjà l'établissement des comptes annuels, ou à une plateforme juridique en ligne spécialisée dans les formalités d'entreprise. Ces solutions intermédiaires facturent généralement leur prestation en plus des frais de greffe obligatoires.
Le non-respect de l'obligation de dépôt expose le dirigeant à des sanctions à la fois civiles et pénales. Sur le plan pénal, l'article R247-3 du Code de commerce prévoit une amende de 1 500 euros, portée à 3 000 euros en cas de récidive, pour toute société qui ne satisfait pas à cette obligation.
Sur le plan civil, l'article L611-2 du Code de commerce permet au président du tribunal de commerce, à la demande de tout intéressé, du ministère public ou de sa propre initiative, d'adresser au dirigeant une injonction de déposer les comptes, assortie le cas échéant d'une astreinte financière. Cette procédure vise à contraindre concrètement la société à régulariser sa situation, indépendamment de l'amende pénale.
💡 À savoir : le paiement de l'amende ne dispense jamais la société de son obligation de dépôt, qui reste due tant que les comptes n'ont pas été effectivement transmis au greffe.
Le bilan comptable est un document qui présente l'actif et le passif de l'entreprise. Il fait partie des comptes annuels, avec le compte de résultat et l'annexe. Le dépôt des comptes annuels est la démarche qui consiste à transmettre ces documents au greffe du tribunal de commerce. Le bilan est donc un document, tandis que le dépôt est une formalité administrative.
Rédigé par :
Fort de 8 ans d’expérience en gestion comptable et management, Benjamin partage sa vision opérationnelle pour optimiser les processus et la performance des organisations.
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