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Benjamin Plateau · 4 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
Le fonds de commerce inclut des éléments corporels (mobilier, matériel) et incorporels (clientèle, nom commercial).
Sa valeur dépend de facteurs comme la localisation, la notoriété et la fidélité de la clientèle.
Depuis 2016, le fonds de commerce peut être amorti si sa durée d'utilisation est définie, sinon il est non amortissable.
Les petites entreprises peuvent amortir le fonds sur 10 ans sans justifier sa durée d'utilisation.
L'amortissement fiscal est soumis à des conditions strictes, et des précisions sont demandées par le Conseil d'État.
Un fonds de commerce est un ensemble d'éléments utilisés par un commerçant pour exercer son activité professionnelle et attirer une clientèle. Il comprend généralement des éléments corporels, comme le mobilier, le matériel et les marchandises, ainsi que des éléments incorporels, tels que la clientèle, l'achalandage, le nom commercial et parfois des droits de propriété intellectuelle comme les brevets ou les marques. Le fonds de commerce ne comprend pas la caisse, les créances et les dettes, ainsi que les murs du local commercial, car ceux-ci sont considérés comme un bien immobilier distinct.
L'acquisition ou la cession d'un fonds de commerce implique souvent un transfert de ces éléments entre l'acheteur et le vendeur, ce qui nécessite une évaluation de la valeur du fonds. Cette valeur est influencée par plusieurs facteurs, tels que la localisation du commerce, la fidélité de la clientèle, la notoriété du nom commercial et les contrats en cours.
En comptabilité, c'est la notion de fonds commercial qui fait l'objet d'un enregistrement comptable en ce qui concerne la part de la clientèle. Tous les éléments du fonds de commerce sont enregistrés en comptabilité selon la nature (en stocks, en immobilisations corporelles pour le mobilier, le matériel...). Le fonds commercial s'obtient donc en soustrayant le prix payé pour acquérir le fonds de commerce et la source des éléments du fonds qu'il est possible de comptabiliser distinctement du bilan.
Depuis le 1er janvier 2016, les règles concernant l'amortissement des fonds de commerce ont évolué. Généralement, ces fonds n'étaient pas amortis, mais désormais, ils peuvent l'être sous certaines conditions. Deux cas de figure se présentent :
Durée de vie non limitée : Par défaut, un fonds de commerce est présumé avoir une durée de vie illimitée, ce qui le rend non amortissable, sauf preuve du contraire. Cependant, il doit faire l'objet d'un test de dépréciation à chaque exercice comptable afin de détecter tout indice de perte de valeur.
Durée de vie limitée : Si un fonds de commerce a une durée d'utilisation définie, il doit être amorti sur cette période. Cela permet de refléter l'apparition d'un éventuel indice de perte de valeur.
Ces changements visent à assurer une évaluation plus précise et transparente des actifs au bilan.
Toute la difficulté de la nouvelle réglementation réside dans la durée d'amortissement. Pour pouvoir amortir un fonds commercial, il faut apporter la preuve que le fonds aura une utilisation limitée. L’amortissement du fonds de commerce amorti le fonds commercial sur sa durée d’utilisation. La durée de celui-ci doit être déterminée au mieux par l’entreprise afin de l’amortir sur la durée la plus adéquate. S’il n’est pas possible de déterminer la durée avec fiabilité, l’élément pourra être amorti sur 10 ans. Ce changement dispense l’entreprise d’effectuer un test annuel de dépréciation.
Des mesures simplifiées ont été appliquées pour certaines entreprises, c’est le cas des petites entreprises. Elles sont autorisées à ne pas rechercher la durée d’utilisation du fonds et à l’amortir directement sur une durée de 10 ans. Les entreprises concernées par cette simplification sont les entreprises qui ne dépassent pas au moins deux des trois seuils suivants :
Un chiffre d’affaires HT à 8 000 000 euros
Un bilan net à 4 000 000 euros
Un effectif de 50 salariés.
La jurisprudence du Conseil d'État apporte une précision sur la position fiscale pour l’amortissement du fonds de commerce. Un élément incorporel du fonds peut donner lieu à un amortissement seulement à deux conditions :
Il est prévisible, c’est-à-dire que ces effets bénéfiques à l’entreprise prennent fin à une date précise.
Il est dissociable des autres éléments attachés au fonds lors de la clôture de l’exercice
Les conditions sont similaires à celles de l'utilisation limitée, posant un problème pour les petites entreprises qui peuvent amortir le fonds sur 10 ans sans justification comptable. En cas de contrôle fiscal, la déduction des amortissements peut être contestée si la durée d'utilisation n'est pas prouvée. Il est conseillé de réintégrer extra-comptablement ces dotations tant que l'Administration fiscale n'a pas clarifié ce point. Alternativement, il est recommandé de demander un rescrit fiscal pour obtenir des précisions sur le traitement fiscal applicable.
Rédigé par :
Fort de 8 ans d’expérience en gestion comptable et management, Benjamin partage sa vision opérationnelle pour optimiser les processus et la performance des organisations.
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