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Dernière mise à jour le · 9 min

Résumé de l’article
Un produit constaté d’avance (PCA) correspond à un revenu déjà facturé mais dont la prestation sera réalisée sur l’exercice suivant.
Il permet de respecter le principe d’indépendance des exercices en rattachant chaque produit à la bonne période comptable.
Le PCA se comptabilise au passif via le compte 487 à la clôture, puis fait l’objet d’une extourne obligatoire au 1er janvier.
Son montant se calcule hors taxes, souvent au prorata temporis lorsque la prestation couvre deux exercices.
Une mauvaise gestion (oubli d’extourne, erreur de calcul, confusion avec FAE ou acompte) peut fausser le chiffre d’affaires et le résultat.
Votre entreprise facture des prestations qui ne seront réalisées qu'au cours de l'exercice suivant ? Ces situations créent un décalage comptable qui nécessite une régularisation précise. Les produits constatés d'avance (PCA) permettent de respecter le principe d'indépendance des exercices en neutralisant temporairement ces revenus. Mais comment comptabiliser correctement ces produits constatés d'avance ? Quelles écritures passer et quand procéder à l'extourne ? Découvrez tout ce qu'il faut savoir pour gérer efficacement vos régularisations comptables.
Les produits constatés d'avance désignent des revenus déjà facturés et comptabilisés au cours de l'exercice N, mais dont la prestation ou la livraison ne sera effectivement réalisée qu'au cours de l'exercice N+1. Ce décalage temporel entre la facturation et l'exécution crée une distorsion comptable qui nécessite une régularisation obligatoire lors de la clôture des comptes.
Exemple concret : une entreprise facture le 1er novembre 2025 un abonnement annuel de maintenance informatique couvrant la période du 1er janvier au 31 décembre 2026. À la clôture du 31 décembre 2025, le produit a été comptabilisé mais aucune prestation n'a encore été réalisée. L'intégralité du montant doit donc être constatée d'avance.
💡 À savoir : le PCA ne concerne que les produits déjà comptabilisés dont la prestation n'est pas encore réalisée. Si la prestation est réalisée mais non facturée, il s'agit d'une facture à établir (FAE) et non d'un PCA.
La comptabilisation des produits constatés d'avance découle directement du principe fondamental d'indépendance des exercices, énoncé aux articles L123-13 et L123-21 du Code de commerce. Ce principe impose de rattacher chaque produit et chaque charge à l'exercice comptable au cours duquel ils ont été effectivement générés, indépendamment de la date de facturation ou de paiement.
L'objectif est de garantir une image fidèle de la performance économique de l'entreprise sur chaque période annuelle. Chaque exercice doit présenter un résultat reflétant exclusivement les opérations économiques qui lui sont propres, sans mélanger les périodes. Cette séparation stricte permet aux tiers (banques, investisseurs, administration fiscale) d'évaluer correctement la performance annuelle et la trajectoire de l'activité.
Les produits constatés d'avance figurent au passif du bilan comptable, car ils représentent une dette de l'entreprise envers son client. En encaissant un paiement avant d'avoir réalisé la prestation correspondante, l'entreprise contracte l'obligation d'honorer cette prestation future. Tant que la livraison ou le service n'a pas été effectué, ce montant constitue une dette exigible.
Sur le plan du bilan, les PCA se positionnent dans la section "Autres dettes", située dans les dettes à court terme. Ils apparaissent entre les dettes diverses (compte 467) et les écarts de conversion passif (compte 477).
Cette classification reflète leur nature temporaire : ils disparaîtront du bilan dès l'exercice suivant, après l'extourne et la réalisation effective de la prestation.
Le Plan Comptable Général prévoit un compte spécifique pour enregistrer ces régularisations : le compte 487 "Produits constatés d'avance". Il s'agit d'un compte de passif, dont le fonctionnement est donc créditeur. Son solde augmente lors de la régularisation de clôture et diminue lors de l'extourne.
Ce compte intervient à deux moments clés du cycle comptable : au 31 décembre lors de la clôture, puis au 1er janvier de l'exercice suivant lors de l'extourne obligatoire.
L'écriture comptable neutralise le produit en débitant le compte de produit concerné (706 pour les prestations de services, 707 pour les ventes de marchandises) et en créditant le compte 487. Le montant enregistré correspond toujours au montant hors taxes uniquement, la TVA ayant déjà été collectée lors de la facturation initiale.
Exemple : une entreprise a facturé le 1er décembre N un abonnement annuel de 12 000 € HT couvrant l'année N+1. À la clôture :
L'écriture s'inverse automatiquement par le mécanisme de la contrepassation, afin de réintégrer le produit dans l'exercice de réalisation :
💡À savoir : l'extourne est obligatoire dès le premier jour de l'exercice suivant. Son oubli bloque définitivement le montant au passif et fausse les résultats des deux exercices concernés.
Lorsque la prestation ou la livraison couvre plusieurs exercices, le montant du produit constaté d'avance se détermine au prorata temporis, c'est-à-dire proportionnellement à la durée restant à courir sur l'exercice suivant.
PCA = Montant HT × (Jours restants N+1 / Durée totale)
Le numérateur correspond au nombre de jours de prestation qui seront effectués durant l'exercice N+1, tandis que le dénominateur représente la durée totale couverte par le contrat.
Une entreprise facture le 1er octobre N un abonnement annuel de 12 000 € HT, couvrant la période du 1er octobre N au 30 septembre N+1. À la clôture du 31 décembre N, la prestation réalisée durant l'exercice N représente 3 mois, tandis que les 9 mois restants concernent l'exercice N+1.
Calcul du PCA :
PCA = 12 000 € × (9 mois / 12 mois)
PCA = 9 000 €
Ce montant de 9 000 € sera donc neutralisé au passif du bilan au 31 décembre N, puis réintégré dans les produits au 1er janvier N+1.
Les produits constatés d'avance font partie d'un ensemble de quatre mécanismes de régularisation utilisés lors de la clôture des comptes pour respecter le principe d'indépendance des exercices :
Les produits constatés d'avance (PCA) : comme nous l’avons vu, le produit est facturé mais la prestation n'est pas réalisée. Le montant figure au passif et neutralise le chiffre d'affaires de l'exercice N ;
Les charges constatées d'avance (CCA) : la charge est payée mais la prestation n'est pas encore reçue. Le montant apparaît à l'actif et neutralise les charges de l'exercice N ;
Les factures à établir (FAE) : la prestation est réalisée mais pas encore facturée au client. Le montant se positionne à l'actif et augmente le chiffre d'affaires de l'exercice N ;
Les factures non parvenues (FNP) : la prestation est reçue mais la facture du fournisseur n'est pas encore parvenue. Le montant figure au passif et augmente les charges de l'exercice N.
Le tableau suivant récapitule les principales différences entre ces quatre régularisations :
La comptabilisation d'un PCA réduit mécaniquement le chiffre d'affaires de l'exercice N. Cette régularisation garantit que le CA affiché dans le compte de résultat correspond strictement à l'activité économique réelle de la période, excluant les revenus perçus mais non encore mérités par des prestations effectives.
💡 À savoir : un décalage apparaît entre le CA comptable (diminué des PCA) et le montant déclaré au titre de la TVA. En effet, la TVA devient exigible dès la facturation, indépendamment de la réalisation de la prestation. Le chiffre d'affaires comptable et le chiffre d'affaires fiscal (assiette TVA) diffèrent donc temporairement.
En neutralisant une partie du chiffre d'affaires, les produits constatés d'avance diminuent directement le résultat comptable de l'exercice N. Cette réduction s'inverse lors de l'exercice suivant, au moment de l'extourne, provoquant une augmentation du bénéfice de l'exercice N+1.
Ce mécanisme de transfert répartit le résultat entre les deux exercices concernés par la prestation. Ainsi, chaque exercice présente un résultat reflétant uniquement les prestations effectivement réalisées durant la période, garantissant la cohérence des performances annuelles affichées.
Les produits constatés d'avance doivent faire l'objet d'une mention spécifique dans la liasse fiscale lorsqu'ils représentent un montant significatif, généralement supérieur à 5% du total du bilan.
Pour les entreprises soumises au régime normal d'imposition, le montant des PCA se déclare sur l'imprimé 2051-SD, dans la case EB dédiée aux informations complémentaires du bilan.
Pour celles relevant du régime simplifié, la déclaration s'effectue sur l'imprimé 2033A, case 174, figurant dans la section des dettes du passif.
Cette mention permet à l'administration fiscale de contrôler la cohérence des régularisations effectuées et d'identifier les éventuels décalages entre exercices.
Certaines erreurs reviennent régulièrement lors de la comptabilisation des produits constatés d'avance. Les connaître permet de sécuriser vos opérations de clôture :
Oublier l'extourne : il s'agit de l'erreur la plus grave. Sans extourne au 1er janvier, le produit reste définitivement bloqué au passif, faussant les comptes des deux exercices. La solution consiste à programmer automatiquement l'écriture de contrepassation dès la clôture ;
Comptabiliser le montant TTC au lieu du HT : les PCA se comptabilisent systématiquement hors taxes uniquement. La TVA a déjà été collectée lors de la facturation initiale et ne doit pas être neutralisée ;
Confondre PCA et acompte : un acompte constitue une avance de trésorerie sans obligation contractuelle immédiate de réalisation. Un PCA, au contraire, correspond à une obligation contractuelle précise de fournir une prestation future ;
Effectuer un mauvais calcul du prorata temporis : comptabiliser en mois approximatifs au lieu de jours conduit à des montants erronés. Il convient d'appliquer rigoureusement la formule : Montant HT × (jours restants N+1 / durée totale) ;
💡 À savoir : créez un fichier de suivi recensant tous les contrats en cours avec leurs dates de début et de fin, les montants HT facturés et les calculs de PCA effectués. Mettez-le à jour systématiquement à chaque clôture comptable.
Les produits constatés d'avance sont des revenus déjà facturés et comptabilisés sur l'exercice N, mais dont la prestation ou la livraison ne sera réalisée qu'au cours de l'exercice N+1. Ils nécessitent une régularisation à la clôture pour respecter le principe d'indépendance des exercices.
Un PCA est une régularisation comptable qui neutralise temporairement un produit déjà enregistré mais non encore mérité. Il figure au passif du bilan et se comptabilise via le compte 487. L'extourne obligatoire au 1er janvier réintègre le produit dans l'exercice de réalisation effective.
Le compte 487 s'utilise lors des opérations de clôture pour neutraliser les produits facturés dont la prestation n'est pas encore réalisée. Il se crédite lors de la régularisation du 31 décembre et se débite obligatoirement lors de l'extourne du 1er janvier.
Un acompte est une avance de trésorerie sans obligation immédiate de livraison. Il figure au passif (compte 4191) et n’impacte pas le CA. Un PCA, au contraire, correspond à un produit déjà enregistré en CA qui nécessite une neutralisation temporaire, la prestation n'étant pas encore réalisée.

Article écrit par Clementine
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